Après un voyage dans le Rwanda / Denis Gheerbrant. – Films du paradoxe, 2006. – 105 mn

Publié le par B.D.Y. (D.L.B.)

Thème :

Le Rwanda aujourd’hui. Comment vivre avec le traumatisme du génocide de 1994 ?

 

Proposition indice Dewey : 967.5

Proposition mot Matière : Rwanda

 

1 dvd

Public : Adultes

 

Résumé et Commentaire

 

apres.jpgLe film est une réflexion sur la société rwandaise post génocide. Le réalisateur cherche à comprendre à la lumière du Rwanda d’aujourd’hui comment le génocide a été possible. Comment des populations qui ont cohabité pendant des siècles sans heurts et qui avaient mis en place une organisation politique et sociale stable, ont pu s’entretuer (500 000 à 1 million de mort). Comment les rwandais vivent ils cet après, comment surmontent ils  ce traumatisme, alors que bien des assassins ont échappé à la justice et vivent encore  à coté de leurs anciennes victimes.

Le réalisateur va trouver dès éléments de réponse avec Déo, un rescapé qui lui sert de guide et a fondé un orphelinat, qui est devenu sa principale raison de vivre. Pour aider ses pensionnaires à se reconstruire il leur apprend la danse culturelle (ou traditionnelle). Il  en trouvera aussi en discutant avec quelques anciens qui ont connu la société rwandaise d’avant la colonisation, avec Esther une  rescapé qui vit maintenant en Allemagne, et avec quelques génocidaires emprisonnés (120 000 personnes seulement sont actuellement détenu pour leur participation au génocide).Le réalisateur va en effet suivre une « gacacha », ces tribunaux populaires et ces procès public mis en place par le gouvernement, autant pour juger les criminels que pour purger le passé, mais aussi entretenir la mémoire de la tragédie. 

On constate  que le colonisateur possède une part écrasante de responsabilité car pour mieux dominer  il a  créé un antagonisme soi disant ethnique entre hutu et tutsi. Même si dans l’organisation pré coloniale le pouvoir politique et économique était tenu essentiellement par les tutsis, les relations n’étaient pas conflictuelles. Les rapports entre hutus et tutsis n’était pas vécu en terme de dominant/domine ou d’oppresseur/opprimé. En entendant le témoignage des détenus on peut par ailleurs juger du conditionnement anti tutsi auquel ils ont été soumis.

Ce film se présente comme un carnet de bord. En voix off le réalisateur commente ses déplacements, décrit les scènes qu’il filme, nous livre ses sentiments, s’interroge. Ses commentaires m’ont paru parfois un peu pompeux ou creux et j’aurais aimé plus de simplicité  dans l’expression. Denis Gheerbrantl écoute beaucoup mais pose aussi des questions qui semblent toujours justes.

Rien donc de spectaculaire, pas d’analyse, pas d’archives. Denis Gheerbrant partage le quotidien de quelques rwandais (le film s’achève sur une noce), juste un voyage initiatique dans l’âme d’un peuple.

 

Un adjectif pour qualifier ce dvd: Sensible

 

J'ai aimé : Bien

Publié dans Histoire Afrique

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