Là d’où on vient / Marie Blandin. – L’Harmattan, 2011. – 63 min

Publié le par Villepreux (C. B.)

Théme: des jeunes d’une cité nous livrent leurs pensées, leur vision de la société.

 

1 dvd

Public : Adultes

 

Proposition indice Dewey : 305.56 ou 307.74

 

Résumé et Commentaire

 

imaladouonvient.jpeg9 jeunes vivant dans une cité de la banlieue parisienne se livrent à la réalisatrice. Le film utilise principalement l’interview (sur le mode de la confession), mais laisse également place au chant (rap et slam) et, de manière tour à tour humoristique et poétique, à l’animation.

Les grands thèmes abordés sont les origines familiales, le rapport à l’école et aux études, au travail, à l’argent, au temps, aux médias, à la famille, et notamment à la mère, l’injustice, la place et les espaces publics, la solidarité, la (les) culture(s), l’identité nationale.

Ces jeunes, par leurs témoignages, montrent leurs faiblesses, mais surtout leurs ressources. Ils sont touchants, même dans leurs défauts. La poésie – dans les deux sens – est présente dans leur vie, et cela s’entend. C’est l’autre face des banlieues qui nous est proposée, celle qui n’est pas médiatisée. La conscience de leur condition, de leur mise à l’écart, physique et symbolique, les rend amers : « ici t’es rien et c’est peut-être ce qui nous fait grandir » « on n’a plus goût à la vie » « mal de vivre » sont quelques phrases chantée et dites par ces jeunes.

Ce documentaire montre en outre le rapport contradictoire qu’ils ont avec leur quartier, entre attachement et répulsion.

Ce documentaire fait du bien. Il redonne espoir et confiance en l’homme. Les jeunes interviewés ont des idées et sont lucides. Cependant, ce sont de jeunes adultes. Ils ont passé l’adolescence et la période des « bêtises ». Leurs réactions sont réfléchies et non disproportionnées par rapport aux situations qu’ils vivent (l’un d’eux explique par exemple très bien pourquoi il a sifflé la Marseillaise pendant un match de foot) – leurs propos sont éloignés des discours habituellement véhiculés (sans argumentation, sans réflexion, sans vocabulaire).

Dès lors reste en suspens la question qu’ils évoquent d’ailleurs eux-mêmes : celle de la représentation (voire de la représentativité) dans les médias ; mais n’est-ce pas l’enjeu du documentaire que de montrer la richesse et la diversité des points de vue et des réalités ?

 

cupidonJ’ai aimé : Coup de cœur

Publié dans Société

Commenter cet article