L'analyse ne concerne que le film Rue Santa fe
Sujet(s) et Théme(s) :
Histoire et parcours d’une révolutionnaire chilienne
L’engagement politique
Histoire du MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire)
L’exil
Proposition Indice Dewey : 983
Proposition mot matière :
Chili Histoire
Exil
Engagement politique
Public : Adultes
Carmen Castillo était la compagne de Miguel Enriquez Secrétaire Général du MIR mouvement
d’extrême gauche chilien. En 1973 après le coup d’état militaire qui renversa le gouvernement élu d’Allende, il est tué dans par les militaires dans l’assaut de sa maison rue Santa Fe. Blessée
dans l’embuscade sa compagne alors enceinte est soignée, arrêtée puis libérée suite à une campagne d’opinion menée en sa faveur. Elle est alors expulsée du Chili.
En 1989 Carmen retourne au Chili.
Elle cherche à reconstituer les événements. Pour cela Elle revient sur les lieux de l’affrontement et interroge
les témoins de l’époque. Le récit du voisin qui courageusement appela l’ambulance alors qu’elle agonisait sur le trottoir nous offre un moment particulièrement fort et d’une rare
humanité.
Au delà de la recherche du passé que Carmen souhaite ressusciter, ce documentaire nous offre sur plusieurs
thématiques une réflexion intéressante.
Une réflexion sur l’exil d’abord. Coupée de son pays Carmen Castillo nourrit des sentiments ambigus à son égard.
Le rejet dans un premier temps d’un pays et d’une population associés dans leur ensemble à la dictature, mais aussi une communion intime et profonde avec ce qui a été sa vie. Un manque lancinant
qui alimente une sensation de vide et d’inutilité. «J’habite un espace informe, chaque bruit, chaque cadence, odeur me ramène aux absents….Peut être les pertes sont elles mon seul bien» nous
confie Carmen.
Une réflexion aussi sur l’engagement politique. L’action poltique quand elle aboutit à l’échec (le MIR n’a jamais
mis en danger la dictature militaire) justifie t’elle tous les sacrifices consentis : la difficile vie clandestine, la séparation avec ses enfants, l’exil, la mort des compagnons, le remords et
la culpabilité persistante d’avoir survécu à la répression.
Aucun des militants interrogés ne regrettent son engagement. Ils l’affirment tous : Si c’était à refaire ils le
referaient car il n’y avait pas à leurs yeux d’autre attitude possible.
Le film dresse en effet le portrait de militants surs de la justesse
de leur cause et entièrement dévoués à leur idéal. Des hommes et des femmes d’un grand courage et d’une grande rigueur morale. Aucun ne critiquent notamment la stratégie suicidaire adoptée par le
MIR à partir de 1978. Alors que la junte contrôle le pays d’une main de fer le MIR exhorte tous ses militants en exil à rentrer au pays pour vivre et agir dans la clandestinité et décide de
relancer son action armée. Une politique qui se révélera très coûteuse en vie humaine.
Pour les anciens militants se pose aussi le problème de savoir comment partager leur expérience avec les jeunes
générations militantes et leur transmettre. Carmen qui a racheté la maison rue Santa fe souhaite transformer celle-ci en un lieu de mémoire, celle de son compagnon, celle de la lutte du MIR. La
discussion qu’elle a à ce sujet avec un jeune est très éclairante sur cette question.
Compte tenu des thèmes abordés ce documentaire se révèle passionnant.
IL met aussi en scène des personnes d’une grande humanité, par la compassion qu’ils montrent envers autrui, le
courage dont ils ont fait preuve et la profondeur de leur engagement. Une leçon de vie salutaire pour nos temps désolés et désenchantés.
Ce documentaire aurait toutefois mérité de moins s’appesantir sur certains sujets (le film dure quand même 2h 40)
: La séparation des parents militants avec leurs enfants dès lors qu’ils retournaient à la clandestinité, l’engagement.
Le film est ponctué par de brèves séquences d’actualité rappelant le contexte.
Carmen Castillo nous livre régulièrement en voix off son commentaire ou ses impressions.
J'ai aimé : Coup
de coeur
Adjectif pour qualifier ce dvd : Intense
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