Un spécialiste, portrait d’un criminel moderne / Rony Brauman et Eyal Sivan .- Momento (1999)/ Editions Montparnasse (2000).- 123 mn

Publié le par LM - Médiathèque de Méré

Thème : Le procès à Jérusalem d’Adolf Eichmann

 

Proposition Indice Dewey : 940.547

Proposition mot matière : Eichmann, Adolf (1906-1962) : procès 
                                           Camp d’extermination
Public : Adulte

A la suite de la lecture de l’ouvrage d’Hannah Arendt sur le procès d’Adolf Eichmann en 1961 (« Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du Mal »), Rony Brauman choisit avec Eyal Sivan de revenir sur ce moment clef de l’histoire de la Shoah. Hannah Arendt avait choisit durant le procès de se pencher sur l’accusé plus que sur les témoins qui avaient été appelés à la barre et que beaucoup attendaient. Mais le procès allait dépasser largement le cas Eichmann.

C’est la même démarche que suivent Brauman et Sivan. Ils partent alors à la recherche des images du procès qui avait été filmé. Mais les bandes, laissées à l’abandon, sont de piètre qualité et les services d’archives tardent à les communiquer. Il leur faudra deux ans pour les récupérer, les restaurer et les monter. Des 360 heures d’un procès qui dura plus de 4 mois, les réalisateurs montent un documentaire de deux heures sur ce spécialiste, criminel moderne, haut fonctionnaire nazi, en charge de la déportation des Juifs, des Polonais, des Slovènes et des Tziganes vers les camps d’extermination.

 

Eichmann ne nie jamais la Shoah, avoue même avoir visité les camps de la mort et assisté à l’exécution d’innocents. Mais, sa défense est simple : fonctionnaire zélé du régime, respectueux de la loi et de la hiérarchie, il n’avait d’autre choix que d’obéir aux ordres, même s’il ne les approuvait pas.

 

Les réalisateurs par différents effets spéciaux légers (coupure, bruitage, reflets dans la vitre de protection de l’accusé) montrent un homme consciencieux qui cherche à justifier sa position au milieu de l’horreur. Nous sommes loin de l’idée que nous pouvons nous faire de la barbarie. Il admet ses fautes, ne nie pas, mais se dit victime d’une administration au service du régime.

 

Les images du procès sont éclairées dans un bonus d’une heure par un entretien avec les réalisateurs qui évoquent leur travail, leur position et répondent aux critiques. Un document d’histoire indispensable, que certains trouveront peut être un peu lent, mais saisissant

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Publié dans Histoire Europe

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