Young yakuza / Jean-Pierre Limosin.- CTV international, 2008 (DVD) .- 100 mn (film)

Publié le par DLB - BDY

Sujet(s) et Thème(s) : Portraits de yakuzas / La mafia japonaise

 

Proposition Indice Dewey : 364

Proposition mot matière : Yakuzas
Public : Adultes

Résumé et Commentaitre

 

Naoki est un adolescent japonais apparemment en difficulté, qui ne fait rien de ses journées. Un ami de sa mère propose à celle ci  de le faire rentrer dans un clan de yakuzas (mafieux) où il acquérra une discipline et des valeurs. Au bout d’un an d’apprentissage Naoki décidera de partir ou de rester.

Bien que le film soit au début scénarisé comme une fiction il s’agit bien d’un documentaire. Un film de commande plus précisément puisque c’est un chef yakuza, monsieur Kumagai, qui a proposé au réalisateur de venir filmer son organisation sous la condition expresse que la caméra évite toute activité illégale. Le tournage durera un an et demi.

On peut regretter ce manque de recul. Qu’un parrain puisse quasiment présenter sans être contredit l’initiation d’un yakuza comme un projet éducatif suscite le malaise. Pour Kumagai la mafia constitue avant tout une organisation structurante où le jeune acquiert une discipline de vie et des valeurs. Une chance pour des individus qui n’ont plus de repères.

Cette absence de distanciation est d’autant plus regrettable qu’à la différence du parrain anglais de «A very british gangster», monsieur Kumagai reste très policé. A aucun moment on ne ressent derrière le personnage l’amoralité et la violence du business dont il a la charge. Une banalisation de la délinquance qui est accentué par le quotidien très ordinaire et inoffensif que filme le réalisateur.

Ce documentaire nous permet néanmoins de saisir comment fonctionne cette contre société. Il s’agit d’une organisation hiératique, hiérarchisée et ritualisée à l’extrême. De l’apprentissage de Naoki on retire une évidence. Etre yakusa c’est d’abord respecter et se plier à des codes et des rites. Des codes et des rites qui semblent dérisoires quand ils s’appliquent à des activités aussi ordinaires que celles que nous montre le réalisateur.

Le clan est aussi une famille où le soutien répond à une dévotion sans faille.

Suite à la disparition de Naoki le réalisateur est amené à se recentrer sur la figure du parrain. Des dires de ce dernier on retire une impression d’incertitude et de déclin que renforce la banalité du contenu. Le milieu apparaît affaibli, soumis à la pression policière et ostracisé par la loi. Il semble aussi ne plus avoir de place dans la société japonaise.

Un troisième point de vue sur la société nous est fourni par un jeune rappeur, dont des extraits de chanson ponctue le film.

A signaler un supplément très intéressant : Le réalisateur commente quelques extraits ; il nous explique comment il a procédé et ses choix 

Un film intéressant mais dont il ne faut pas être dupe

J'ai aimé : Bien
Un adjectif pour qualifier ce DVD :Déroutant

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Publié dans Société

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