Izkor : Les esclaves de la mémoire / Eyal Sivan. – Momento !, sans date. – 97 mn

Publié le par D.L.B (B.D.Y.)

Théme:

Le devoir de mémoire. Pourquoi commémorer le passé ?

 

Proposition indice Dewey : 956.94

Proposition Mot Matière:

Devoir de mémoire : Israël

Commémorations : Israël

 

Public: Adultes

 

Résumé et Commentaire :

 

izkor.jpgEn Israël le printemps est la saison des commémorations. En un mois quatre fêtes  se succèdent. D’abord Pessah la Pâques juive qui célèbre la fuite des hébreux hors d’Egypte ou ils étaient retenus esclaves, le jour de la Shoah et de l’héroïsme, le jour des soldats morts pour la patrie, enfin la fête de l’indépendance  anniversaire de la création de l’état d’Israël. Nous suivons les préparatifs dans les écoles et dans les lycées et nous assistons aux cérémonies. Le réalisateur interroge les enfants et les adolescents.

Le premier constat de ce film est qu’il existe en Israël une véritable injonction au devoir de mémoire, largement relayée par le système éducatif. On constate ensuite  que les israéliens sacrifient naturellement aux  rites mémoriels qui la formalise. Aucune interrogation n’effleure les esprits sur le pourquoi de ces cérémonies et  de cette insistance à mettre en avant le passé, que symbolise l’un des slogans repris par les organisateurs  Izkor (souviens toi en hébreu).

C’est en revanche le fil rouge du film et une question qui revient souvent lors des interviews : Lama ? (pourquoi ? en hébreu) 

Pour le rabbin qui intervient en contrepoint, cette utilisation du souvenir et cette manière de forger la mémoire collective sont spécifiques à Israël. Il s’agit d’un processus identitaire indispensable pour légitimer le sionisme et l’existence d’un état israélien. Tous les malheurs passés des juifs, la Shoah notamment,  prouvent que seul un état assis sur un territoire est à même de garantir grâce à son armée, la sécurité et la liberté du peuple juif. La fusion des juifs en une même  nation juive garantit la cohésion et la puissance d’un peuple juif toujours prêt à résister et à se défendre. Le devoir de mémoire comme il est organisé est donc autant une question d’identité que de survie.

Pour le rabbin cette logique et cette posture de victime ne sont pas acceptables. C’est une manière pour les israéliens de se positionner toujours du bon côté, notamment de ne pas assumer leur responsabilités vis à vis des arabes sur le territoire desquels ils se sont installés.  C’est par ailleurs une démarche suicidaire pour la communauté juive. Etre juif ne peut se définir exclusivement par l’histoire du peuple juif, il existe d’autres racines à la judéité.

Le seul défaut de ce film est d’être ancien, il a été réalisé en 1991. Les mentalités ont donc sans doute évolué sur la question de savoir ce que c’est d’être juif et  israélien. Les images sont par ailleurs, de ce fait sans doute de médiocre qualité.

L’intérêt du film demeure néanmoins. Il nourrit une réflexion  stimulante  sur une problématique vitale pour toute société. Pourquoi se souvenir de son passé et qu’en faire ? 

 

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Extraits significatifs

La fête de Pessah : 00.06.05 à 00.12.30

Le jour de la Shoah et de l’Héroïsme : 00.43.00 à 00.46.37

La fête des morts pour la patrie : 01.20.00 à 01.26.000

Publié dans Histoire Asie

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